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PHOTOS DES VOSGES lieux, informations, récits

Usage internet ou commercial : cession de droits


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Mes photos sont en vente sur le site internet des Éditions Luigi Castelli, dans sa
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Les fermes-auberges


Ferme-auberge

La ferme-auberge du Hohneck. Clic/agrandir 

S'il est une tradition bien ancrée, tout à fait spécifique et extraordinaire, c'est celle des fermes-auberges. Une randonnée voire une simple balade dans les Vosges, y compris en voiture, ne se conçoit pas sans une escale dans une ferme-auberge. Le terme escale n'est pas trop fort car on a envie de rester, de s'imprégner, de discuter… et de manger (voire dormir, certaines offrent des chambres) !

On notera que le concept de ferme-auberge s'est étendu à toute la France (Auvergne, Pyrénées principalement) mais il s'agit d'une tradition vosgienne. Autrefois, les vachers accueillaient les visiteurs dans les marcairies, fermes en pierres, de taille variable mais parfois conséquente (jusqu'à une trentaine de garçons-vachers, les leh-veh).

Traditionnellement, les marcaires sont les fermiers transhumants de la vallée de Munster (ou malker, de l'allemand melker, « celui qui trait les vaches »), qui fabriquaient le munster, passant l'hiver dans la vallée et la moitié de l'année (mai-septembre) à leur marcairie au milieu des chaumes (prairies d'altitude). Leurs conditions de vie étaient difficiles car ils dormaient  sur une paillasse close de planches, et travaillaient dans la même pièce. L'autre partie de la marcairie, plus grande, était l'étable, surmontée du grenier à foin. La cave où s'affinaient les fromages était située sous la « maison ».

On comprendra après ce bref historique que les fermes-auberges se situent principalement du côté alsacien des Vosges ou sur la crête. À la ferme, vaches et parfois cochons, éventuellement quelques champs de pommes de terre, un potager pour la salade et vous avez une idée des repas : charcuterie, viande, fromage, patates et salade. Le vin et surtout la bière couleront à flots, même s'ils ne sont pas faits sur place. Choisissez donc un menu Marcaire : tourte, viande fumée, toffailles (pommes de terre cuites à l'étouffée), Munster et tarte aux brimbelles (myrtilles).

Ferme-auberge

« Qu'il fasse mauvais dehors et on apprécie le décor chaleureux », ferme-auberge de la Schlucht. Clic/agrandir 

La ferme-auberge a une tradition conviviale. Qu'il fasse chaud et on apprécie la fraîcheur des pierres tout en admirant les poutres apparentes, à moins qu'on ne profite de la terrasse (parfois). Qu'il fasse mauvais dehors et on apprécie le décor chaleureux, voire le feu dans la cheminée, même l'été. Il faut l'avouer, il est préférable de prévoir une randonnée pour vraiment profiter de la ferme-auberge… car on n'aura pas trop de quelques heures pour digérer et écluser !

La ferme-auberge est dans la pure tradition vie saine à la campagne, avec une dimension nature plus allemande que française. Plusieurs d'entre elles offrent des produits bio. Bien souvent, on peut acheter ses produits.

Un morceau de tradition à déguster ! Pensez à réserver, car les fermes-auberges sont souvent prises d'assaut !

Les autres fermes-auberges de Lorraine hors montagne sont plus récentes mais pas moins intéressantes comme hébergement de campagne.

Vous voulez voir ou acheter des photos des Vosges, pour votre usage internet (blog) ou une impression commerciale (catalogue), consultez mes photos des Vosges

> Liste des fermes-auberges du Haut-Rhin (68)

> Liste des fermes-auberges du Bas-Rhin (67)

> Liste complète pour la montagne des Vosges


Soixante-six, un peu de poésie


lutins de glace

Le vallon des Charbonniers, dans la haute vallée de la Moselle. Clic/grandir 

Mon roman Soixante-six se passe en partie dans les Vosges, dans la haute vallée de la Moselle, et c'est en tout cas Ramonchamp et sa nationale 66 qui lui donnent sa tension dramatique. Que vont devenir les deux familles de part et d'autre de la route, les Lieber et les Sever ?

Chez les Lieber, on semble apprécier la nature. La mère, Gisèle la vit en artiste sensible :

Extrait
(…) Elle attendait René. S’il ne tardait pas, ils prendraient un apéritif avant que le soleil ne disparaisse derrière les montagnes. À la moindre occasion, ils profitaient de leur jardin. Ils passaient du bon temps à se câliner en admirant les camaïeux de verts et en écoutant le ruisseau. René l’avait aménagé afin que l’eau gargouille de roche en roche. Une année entière à étudier les sons ! À déplacer une pierre plate, bouger une ronde ou disposer des galets pour le plaisir de l’oreille ! Sensible au Chant du Monde, elle appréciait la vision poétique de son mari. En un mot, la vie à Létraye était royale. (…)

Gisèle a un fils et une fille, Loulou, qui sera l'héroïne de Luigi, à défaut d'être celle du roman. La très jeune fille a du tempérament en tout cas, une fraîche sauvageonne dans le bon sens du terme, à n'en pas douter :

Extrait
(…) À presque huit ans, Loulou enchantait la maison. Ses boucles virevoltaient d’une pièce à l’autre. L’hiver, elle patinait sur les étangs gelés, l’été, elle sautait dans les ruisseaux. Elle explorait son fief, à cinq cents mètres d’altitude dans la haute vallée de la Moselle, l’idéal pour une jeune aventurière. Un vrai sauvageon des montagnes en même temps qu’un elfe léger. Mettre simplement un pied devant l’autre, elle ne connaissait pas ! Elle préférait glisser, tourner, sauter. Elle tourneboulait de spires et de voltes en virevoustes, lérot farceur, farfadet jovial… (…)

lutins de glace
 
« Elle tourneboulait de spires et de voltes en virevoustes, lérot farceur, farfadet jovial » … Clic/agrandir

Bon, je le concède : tout le roman n'est pas comme ça. La poésie est là par moments, mais les émois des cœurs d'enfants font la trame qui ravit, tandis que les secrets des adultes viennent l'alourdir. L'ambiance mystérieuse des Vosges est le lieu idéal pour situer une histoire dont le ressort est le tabou, mais à n'en pas douter, toutes les familles de France et de Navarre ont des secrets et, parfois, en font les frais de manière dramatique.

Juin, l'époque s'y prête, pourquoi ne pas aller quelques jours dans une ferme-auberge, mêler randonnée, lecture et calme ? Et si vous avez un commentaire, et surtout un témoignage ou une anecdote à raconter, n'hésitez pas !

> Acheter le roman aux éditions L'Ouisti


Délire au col de Mandray


sculpture au col de Mandray

Sculpture au col de Mandray. Clic/agrandir 

Sommes-nous en pleine science-fiction, sur les vestiges d’une planète genre planète des singes ? Ou est-ce du land art ? Il semble tout simplement qu’après la grande tempête du 26 décembre 1999 qui a dévasté la forêt au col de Mandray, une association en ait profité pour offrir à des adolescents la joie de réaliser des sculptures en pleine nature (si quelqu’un a des informations sur cette association et leur action, merci de me contacter).

En attendant, on voit que l’insolite le dispute à l’étrange. L’aspect dévasté dû aux troncs décapités est renforcé par ces improbables êtres métalliques qui semblent hanter les lieux. De ce point de vue, le terme « être » n’est pas trop fort. Qu’un peu de brume survienne au détour d’un coup de vent et vous voilà précipité en plein Moyen Âge, obligé d’en découdre avec des chevaliers de fer, à moins que d’un coup de rêve en panique vous ne rejoigniez Alice.

Hommes de fer, souches taillées, troncs recouverts de plastique composent un ensemble hétéroclite qui propulse le visiteur jusque-là jovial et détendu dans un univers apocalyptique. En référence consciente ou inconsciente à l’histoire du lieu ?

 sculpture au col de Mandray

Tronc recouvert de plastique. Clic/agrandir 

En effet, le col est également un lieu historique singulier, qui a peut-être inspiré notre « association land art ». Là se trouve un hêtre déjà majestueux en 1850, qui a donc vu les trois conflits : 1870-1871, 1914-1918 et 1938-1945. Il a notamment survécu aux accrochages meurtriers de 14-18 qui ont dévasté la forêt. Une stèle commémore la mémoire du chef de bataillon Verlet-Hanus tué par les Allemands qui cherchaient en passant par ce col à prendre à revers le col du Bonhomme. En outre, un monument américain commémore la mémoire des Américains morts le 24 novembre 1944 pour la libération de Fraize (36 th ID de l’US Army, Texas).

Aujourd’hui le col de Mandray est un classique à vélo ou à moto car il est charmant et dégage de belles vues, ce qui est loin d’être le cas de tous les cols des Vosges. Depuis Fraize, le col offre une pente assez régulière de 4 % sur 4,5 km, de quoi s’échauffer. La dénivelée totale n’excède pas 190 mètres. Le panneau du col indique 707 mètres mais en réalité l’altitude est de 694 mètres. Bien que située en Lorraine, la commune de Mandray offre des airs enchanteurs à l’alsacienne. C’est une zone d’habitat dispersé comme le montre cette vue du Chipal. Dispersé, et peu peuplé : 600 habitants aujourd’hui avec un maximum de 1 400 habitants à ses plus grandes heures.

sculpture au col de Mandray

Le Chipal : bien que située en Lorraine, la commune de Mandray offre des airs enchanteurs à l’alsacienne. Clic/agrandir

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> Voir toute la galerie Fave-Champ du feu (possibilité d'acheter les photos)