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PHOTOS DES VOSGES lieux, informations, récits

Ballon de Servance : un exemple de protection de la faune réussie (Grand Tétras)


 Une forêt profonde à bien gérer. Clic/agrandir

L'état des lieux a été fait dès 1979 par l'ONF et les premières directives Tétras ont alors permis de stabiliser la situation, mais d'une manière inégale et limitée, dans un premier temps.

Puis, dans le cadre de la mission Tétras Vosges initiée en 1989 conjointement par l'ONC et l'ONF, l'ONF a procédé à des éclaircies localisées, afin de rétablir les petites clairières disséminées dont le Grand Tétras a besoin.  Au total, trois cents clairières ont été ouvertes entre 1990 et 1994. L'autre partie du travail a consisté à donner de l'hétérogénéité à la forêt, par le principe de la futaie jardinée par bouquets. Un tel traitement permet de multiplier les clairières de faible voire très faible ampleur, jouxtées de zones de peuplement dense.

Dans les hauteurs, les vieilles futaies à myrtilles, lieux privilégiés de nourrissage du Grand Tétras, ont été préservées. Le travail sylvicole a été dicté par la priorité faite au renouvellement lent et à la stabilité du biotope avec préservation des morts-bois, au détriment bien entendu de la rentabilité mais à l'avantage du promeneur (ces lieux sont agréables et beaux, quoique peu photogéniques).

L'action de l'ONF a permis de maintenir le Grand Tétras puis de favoriser son développement et le secteur est l'un des rares où l'espèce se porte presque bien (ailleurs elle est en forte régression). Au passage, la Gélinotte, aux besoins proches, s'est également développée. Comme quoi la protection ne passe pas par des interdictions de randonner (sauf en de rares lieux sensibles) mais par une gestion intelligente.

En 1996, le secteur de 1 500 hectares a été classé Réserve biologique dirigée (classement qui permet une exploitation raisonnée) et deux petits secteurs ont été fermés à toute exploitation et à tout public y compris spécialisé.

Tout ne s'est pas fait sans mal car divers naturalistes étaient favorables à une fermeture totale du massif (hormis à eux bien entendu), et bien au-delà de la réserve actuelle. Heureusement, la science l'a emporté, écologique en l'occurrence, et aujourd'hui quiconque se lève tôt peut voir du Grand Tétras sans déranger. Il s'agit bien entendu de rester respectueux, de ne pas venir en troupeaux et de ne pas multiplier les dérangements sous prétexte de faire des photos. Il est important de prendre conscience qu'un « tourisme de la coche » (venir voir les oiseaux juste pour cocher l'espèce dans son guide) pourrait remettre en cause, par une sur-fréquentation, l'équilibre actuellement institué. On notera qu'à cet égard l'amateur à demi-éclairé est plus dangereux que le touriste qui, lui, n'éprouve pas le besoin de circuler outre-mesure dans les zones sensibles (note : à condition bien entendu que les loisirs motorisés soient interdits).

> Pour découvrir le lieu, voir la galerie Ballon de Servance et le Rahin (72 photos)

> Ballon de Servance et le Rahin (présentation du lieu)

Note sur le Grand Tétras et sa protection dans les Vosges

En 1955, il s'éteint en plaine et en 1965 en basse altitude. Depuis cette date, ses populations dans le massif des Vosges sont limitées à trois secteurs distincts, morcelés en sous-secteurs épars. Les effectifs continuent à baisser : 500 animaux en 1975, 240 en 1995 et 100 en 2005. En cause la régression de son milieu due aux mauvaises pratiques forestières comme nous venons de le voir, et le tourisme hivernal principalement. À ce dernier motif, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) souhaite l'interdiction totale de la présence humaine sur les secteurs peuplés et sa limitation alentours… tout en souhaitant faire connaître le Grand Tétras !

Si l'homme est directement la cause de la possible future extinction de l'espèce, le promeneur discret ne doit pas être mis dans le même sac, car c'est justement sur lui qu'il est possible de s'appuyer pour obtenir des mesures plus efficaces mais plus délicates : création d'une réserve globale (et non limitée aux secteurs actuels) avec gestion intelligente localisée, sur la base des actions menées à la réserve biologique Saint-Antoine, et gestion des activités de loisirs motorisés tout comme du ski de fond (en fait, toutes les activités hivernales et surtout de printemps).

En raison de sa régression en îlots, le peuplement actuel est dans une situation très peu favorable (Théorie des Îles en écologie), peut-être irréversible. Une protection accrue mais limitée aux zones concernées est d'une totale inutilité. Malheureusement bien des naturalistes à la courte vue ne connaissent pas cette théorie et ses conséquences. Pour résumer : une protection même légère sur de larges étendues, renforcée localement dans les zones sensibles, est plus efficace qu'une protection localisée et sévère. Il faut regarder une carte et rendre continus les secteurs protégés, afin que les animaux puissent s'y déplacer. Cela vaut pour toutes les espèces avec des variantes selon leur biologie. Même sans avoir fait d'écologie, on peut le comprendre, donc le revendiquer.

Merci de vos commentaires


Le Théâtre du peuple de Bussang


 
La montagne près du Théâtre du peuple, théâtre en bois et de plein air. Clic/agrandir

Le Ravissement d'Adèle, une férocerie villageoise, le genre de pièce qui fait bicher quand on regarde ses voisins. Le mélange de comédiens professionnels ne peut qu'ajouter à cette farce acide. Le ravissement… Adèle a disparu, mais pourquoi donc l'enquête piétine-t-elle ? Qui aime qui ? Entre amours, soupçons et vacheries, un morceau d'anthologie de nos campagnes !

Nul doute que pour une telle dégustation, le Théâtre du peuple, théâtre en bois et en plein air, soit un lieu magique.

En 1895, Maurice Pottecher, journaliste et auteur déçu par le monde parisien de la culture, décide de fonder un théâtre dans son village natal. Afin de trancher sur les conceptions parisiennes, il mêle amateurs et professionnels et joue en plein air.

Fort d'un premier succès, il construit l'année suivante la scène en bois avec son étonnant fond de scène qui s'ouvre par des portes coulissantes sur la forêt ! Il faudra tout de même attendre 1921 pour qu'un plafond en bois protège les spectateurs. Reconstruit après la guerre, le théâtre offre aujourd'hui toute la modernité requise.

La devise de Maurice Pottecher, inscrite dès 1896 au fronton du théâtre, demeure en bonne place: « Par l'art pour l'humanité ». Cet auteur de 35 piéces, de poèmes, nouvelles et romans et divers essais, a été finalement reconnu. Par sa démarche, il a relancé le théâtre populaire et ainsi initié un important changement dans le théâtre français, soutenu par les plus grands auteurs, de Tolstoï à Anatole France.

• Mi-juillet à fin août à 15h, création intégrant 2/3 d'amateurs : cette année, Le ravissement d'Adèle, texte de Rémi de Vos mise en scène Pierre Guillois, 2h30 avec entracte

• En août à 20h30, une création jouée uniquement par des professionnels, cette année : Hop là ! Fascinus ! Cabaret allumé

> Site internet du Théâtre du peuple

> Sommaire visuel photos des Vosges

 

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Les fermes-auberges


Ferme-auberge

La ferme-auberge du Hohneck. Clic/agrandir 

S'il est une tradition bien ancrée, tout à fait spécifique et extraordinaire, c'est celle des fermes-auberges. Une randonnée voire une simple balade dans les Vosges, y compris en voiture, ne se conçoit pas sans une escale dans une ferme-auberge. Le terme escale n'est pas trop fort car on a envie de rester, de s'imprégner, de discuter… et de manger (voire dormir, certaines offrent des chambres) !

On notera que le concept de ferme-auberge s'est étendu à toute la France (Auvergne, Pyrénées principalement) mais il s'agit d'une tradition vosgienne. Autrefois, les vachers accueillaient les visiteurs dans les marcairies, fermes en pierres, de taille variable mais parfois conséquente (jusqu'à une trentaine de garçons-vachers, les leh-veh).

Traditionnellement, les marcaires sont les fermiers transhumants de la vallée de Munster (ou malker, de l'allemand melker, « celui qui trait les vaches »), qui fabriquaient le munster, passant l'hiver dans la vallée et la moitié de l'année (mai-septembre) à leur marcairie au milieu des chaumes (prairies d'altitude). Leurs conditions de vie étaient difficiles car ils dormaient  sur une paillasse close de planches, et travaillaient dans la même pièce. L'autre partie de la marcairie, plus grande, était l'étable, surmontée du grenier à foin. La cave où s'affinaient les fromages était située sous la « maison ».

On comprendra après ce bref historique que les fermes-auberges se situent principalement du côté alsacien des Vosges ou sur la crête. À la ferme, vaches et parfois cochons, éventuellement quelques champs de pommes de terre, un potager pour la salade et vous avez une idée des repas : charcuterie, viande, fromage, patates et salade. Le vin et surtout la bière couleront à flots, même s'ils ne sont pas faits sur place. Choisissez donc un menu Marcaire : tourte, viande fumée, toffailles (pommes de terre cuites à l'étouffée), Munster et tarte aux brimbelles (myrtilles).

Ferme-auberge

« Qu'il fasse mauvais dehors et on apprécie le décor chaleureux », ferme-auberge de la Schlucht. Clic/agrandir 

La ferme-auberge a une tradition conviviale. Qu'il fasse chaud et on apprécie la fraîcheur des pierres tout en admirant les poutres apparentes, à moins qu'on ne profite de la terrasse (parfois). Qu'il fasse mauvais dehors et on apprécie le décor chaleureux, voire le feu dans la cheminée, même l'été. Il faut l'avouer, il est préférable de prévoir une randonnée pour vraiment profiter de la ferme-auberge… car on n'aura pas trop de quelques heures pour digérer et écluser !

La ferme-auberge est dans la pure tradition vie saine à la campagne, avec une dimension nature plus allemande que française. Plusieurs d'entre elles offrent des produits bio. Bien souvent, on peut acheter ses produits.

Un morceau de tradition à déguster ! Pensez à réserver, car les fermes-auberges sont souvent prises d'assaut !

Les autres fermes-auberges de Lorraine hors montagne sont plus récentes mais pas moins intéressantes comme hébergement de campagne.

Vous voulez voir ou acheter des photos des Vosges, pour votre usage internet (blog) ou une impression commerciale (catalogue), consultez mes photos des Vosges

> Liste des fermes-auberges du Haut-Rhin (68)

> Liste des fermes-auberges du Bas-Rhin (67)

> Liste complète pour la montagne des Vosges


Soixante-six, un peu de poésie


lutins de glace

Le vallon des Charbonniers, dans la haute vallée de la Moselle. Clic/grandir 

Mon roman Soixante-six se passe en partie dans les Vosges, dans la haute vallée de la Moselle, et c'est en tout cas Ramonchamp et sa nationale 66 qui lui donnent sa tension dramatique. Que vont devenir les deux familles de part et d'autre de la route, les Lieber et les Sever ?

Chez les Lieber, on semble apprécier la nature. La mère, Gisèle la vit en artiste sensible :

Extrait
(…) Elle attendait René. S’il ne tardait pas, ils prendraient un apéritif avant que le soleil ne disparaisse derrière les montagnes. À la moindre occasion, ils profitaient de leur jardin. Ils passaient du bon temps à se câliner en admirant les camaïeux de verts et en écoutant le ruisseau. René l’avait aménagé afin que l’eau gargouille de roche en roche. Une année entière à étudier les sons ! À déplacer une pierre plate, bouger une ronde ou disposer des galets pour le plaisir de l’oreille ! Sensible au Chant du Monde, elle appréciait la vision poétique de son mari. En un mot, la vie à Létraye était royale. (…)

Gisèle a un fils et une fille, Loulou, qui sera l'héroïne de Luigi, à défaut d'être celle du roman. La très jeune fille a du tempérament en tout cas, une fraîche sauvageonne dans le bon sens du terme, à n'en pas douter :

Extrait
(…) À presque huit ans, Loulou enchantait la maison. Ses boucles virevoltaient d’une pièce à l’autre. L’hiver, elle patinait sur les étangs gelés, l’été, elle sautait dans les ruisseaux. Elle explorait son fief, à cinq cents mètres d’altitude dans la haute vallée de la Moselle, l’idéal pour une jeune aventurière. Un vrai sauvageon des montagnes en même temps qu’un elfe léger. Mettre simplement un pied devant l’autre, elle ne connaissait pas ! Elle préférait glisser, tourner, sauter. Elle tourneboulait de spires et de voltes en virevoustes, lérot farceur, farfadet jovial… (…)

lutins de glace
 
« Elle tourneboulait de spires et de voltes en virevoustes, lérot farceur, farfadet jovial » … Clic/agrandir

Bon, je le concède : tout le roman n'est pas comme ça. La poésie est là par moments, mais les émois des cœurs d'enfants font la trame qui ravit, tandis que les secrets des adultes viennent l'alourdir. L'ambiance mystérieuse des Vosges est le lieu idéal pour situer une histoire dont le ressort est le tabou, mais à n'en pas douter, toutes les familles de France et de Navarre ont des secrets et, parfois, en font les frais de manière dramatique.

Juin, l'époque s'y prête, pourquoi ne pas aller quelques jours dans une ferme-auberge, mêler randonnée, lecture et calme ? Et si vous avez un commentaire, et surtout un témoignage ou une anecdote à raconter, n'hésitez pas !

> Acheter le roman aux éditions L'Ouisti


Délire au col de Mandray


sculpture au col de Mandray

Sculpture au col de Mandray. Clic/agrandir 

Sommes-nous en pleine science-fiction, sur les vestiges d’une planète genre planète des singes ? Ou est-ce du land art ? Il semble tout simplement qu’après la grande tempête du 26 décembre 1999 qui a dévasté la forêt au col de Mandray, une association en ait profité pour offrir à des adolescents la joie de réaliser des sculptures en pleine nature (si quelqu’un a des informations sur cette association et leur action, merci de me contacter).

En attendant, on voit que l’insolite le dispute à l’étrange. L’aspect dévasté dû aux troncs décapités est renforcé par ces improbables êtres métalliques qui semblent hanter les lieux. De ce point de vue, le terme « être » n’est pas trop fort. Qu’un peu de brume survienne au détour d’un coup de vent et vous voilà précipité en plein Moyen Âge, obligé d’en découdre avec des chevaliers de fer, à moins que d’un coup de rêve en panique vous ne rejoigniez Alice.

Hommes de fer, souches taillées, troncs recouverts de plastique composent un ensemble hétéroclite qui propulse le visiteur jusque-là jovial et détendu dans un univers apocalyptique. En référence consciente ou inconsciente à l’histoire du lieu ?

 sculpture au col de Mandray

Tronc recouvert de plastique. Clic/agrandir 

En effet, le col est également un lieu historique singulier, qui a peut-être inspiré notre « association land art ». Là se trouve un hêtre déjà majestueux en 1850, qui a donc vu les trois conflits : 1870-1871, 1914-1918 et 1938-1945. Il a notamment survécu aux accrochages meurtriers de 14-18 qui ont dévasté la forêt. Une stèle commémore la mémoire du chef de bataillon Verlet-Hanus tué par les Allemands qui cherchaient en passant par ce col à prendre à revers le col du Bonhomme. En outre, un monument américain commémore la mémoire des Américains morts le 24 novembre 1944 pour la libération de Fraize (36 th ID de l’US Army, Texas).

Aujourd’hui le col de Mandray est un classique à vélo ou à moto car il est charmant et dégage de belles vues, ce qui est loin d’être le cas de tous les cols des Vosges. Depuis Fraize, le col offre une pente assez régulière de 4 % sur 4,5 km, de quoi s’échauffer. La dénivelée totale n’excède pas 190 mètres. Le panneau du col indique 707 mètres mais en réalité l’altitude est de 694 mètres. Bien que située en Lorraine, la commune de Mandray offre des airs enchanteurs à l’alsacienne. C’est une zone d’habitat dispersé comme le montre cette vue du Chipal. Dispersé, et peu peuplé : 600 habitants aujourd’hui avec un maximum de 1 400 habitants à ses plus grandes heures.

sculpture au col de Mandray

Le Chipal : bien que située en Lorraine, la commune de Mandray offre des airs enchanteurs à l’alsacienne. Clic/agrandir

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> Voir toute la galerie Fave-Champ du feu (possibilité d'acheter les photos)